Tout savoir sur la leucémie aiguë lymphoblastique

10/01/2020

Ce cancer, qui touche la moelle osseuse, affecte un type particulier de globules blancs, les lymphoblastes (lymphocytes à un stade de développement précoce). C’est la leucémie la plus fréquente chez les enfants, même si elle peut toucher toutes les classes d’âge.

Comme tous les cancers, la leucémie aiguë lymphoblastique (LAL) est une maladie caractérisée par le dysfonctionnement de certaines cellules de l’organisme qui se multiplient de façon incontrôlée, d’abord localement puis dans les tissus avoisinants. Cette forme de leucémie est une maladie rare qui affecte davantage les enfants que les adultes et plus fréquemment les hommes que les femmes1.

L’incidence (nombre de nouveaux cas au cours d’une période donnée dans une population donnée) chez les enfants est de 40 cas par million dans les pays d’Europe (l’incidence est sensiblement la même dans tous les pays développés). Le pic d’incidence se situe entre 0 et 5 ans2 en Europe et aux États-Unis.

Particulièrement agressive, cette forme de leucémie constitue une urgence diagnostique et thérapeutique. Ces dix dernières années, les progrès de la médecine et l’arrivée de nouveaux traitements ont permis une progression remarquable des taux de guérison, principalement chez les enfants qui supportent mieux les chimiothérapies que les adultes.

90%
C’est le taux de guérison chez les enfants dans les pays industrialisés
1.28
Le taux d’incidence de la LAL en Europe chez les adultes est de 1,28 pour 100 000 individus par an
80%
En Europe, 80 % des leucémies de l’enfant de moins de 15 ans sont des LAL

En France*

En 2018, on estime à 900 le nombre de nouveaux cas de leucémie aiguë lymphoblastique dont 57 % chez les hommes. L’incidence est maximale chez les enfants des deux sexes âgés de 0 à 14 ans, puis diminue jusqu’à 45 ans. Elle s’élève de nouveau ensuite particulièrement chez les hommes jusqu’à 70 ans. Le nombre de cas est en légère hausse depuis 1995, en raison de l’augmentation et du vieillissement de la population.

*Estimations nationales de l’incidence et de la mortalité par cancer en France métropolitaine entre 1990 et 2018, vol. 2, Hémopathies malignes, juillet 2019. SANTÉ PUBLIQUE France /INCa.

Les leucémies affectent la moelle osseuse, lieu de production des cellules sanguines. Parmi elles, les hématies (globules rouges chargés de transporter l’oxygène), les leucocytes (globules blancs qui défendent l’organisme contre les infections) et les thrombocytes (plaquettes qui permettent la coagulation).

La leucémie aiguë lymphoblastique touche les cellules souches qui donneront naissance à un type particulier de globules blancs, les lymphocytes. Au lieu de se différencier en cellules matures et de migrer vers le sang, ces « blastes » (cellules anormales qui n’ont pas atteint leur maturité) prolifèrent de manière anarchique. Elles envahissent la moelle osseuse, l’empêchant de fabriquer normalement les cellules sanguines. Ces blastes peuvent aussi atteindre d’autres organes, comme les ganglions, le foie et la rate.

Facteurs de risques

Cette maladie, qui n’est ni contagieuse ni héréditaire, n’a pas de cause ou de facteur déclenchant connu. Dans la majorité des cas, elle survient chez des sujets jusque-là en bonne santé. En revanche, plusieurs facteurs de risque ont été identifiés :

  • Une exposition aux rayonnements ionisants : accidentelle, thérapeutique (radiothérapie) ou professionnelle
  • Des antécédents de chimiothérapie, administrée lors d’un précédent cancer
  • La présence de certaines anomalies génomiques, dont la trisomie 21
  • Des maladies sanguines préexistantes

Un traitement pour soigner la moelle osseuse

Cette maladie doit faire l’objet d’une prise en charge rapide. La moelle osseuse étant envahie de cellules anormales, le décès peut survenir suite à des infections (elles sont la conséquence de la baisse de globules blancs normaux) ou des hémorragies (elles résultent de la diminution de production des plaquettes). Le protocole de soin est établi par l’oncohématologue et repose sur une polychimiothérapie en plusieurs phases qui associe des injections intraveineuses à des traitements par voie orale :

  • Un traitement d’induction, sous hospitalisation d’un mois minimum. Il provoque une aplasie médullaire, à savoir une très forte diminution du nombre de cellules sanguines. Son but est d’éliminer les cellules cancéreuses, ce qui permettra d’obtenir une régénération normale des cellules sanguines.

 

Un traitement de consolidation, une greffe de cellules souches hématopoïétiques (greffe de moelle osseuse), est parfois proposée. Ce greffon provient d’un donneur compatible (famille, registre de donneurs), mais peut aussi être obtenu à partir de sang placentaire appelé sang de cordon

  • En prévention des rechutes, un traitement d’entretien en ambulatoire est administré pendant deux ans.

 

  • Les cellules cancéreuses peuvent s’infiltrer dans les méninges, membranes qui entourent le cerveau et la moelle épinière. Ces atteintes neuro-méningées sont une cause importante de rechute lors de la première année de traitement. En prévention, les patients reçoivent un traitement par radiothérapie crânienne et/ou une injection de chimiothérapie.

 

  • En cas de rechute, une nouvelle chimiothérapie est prescrite, commençant par un traitement de réinduction, de nouveau suivi d’un traitement d’entretien et de consolidation. Une greffe de cellules souches hématopoïétiques peut aussi être envisagée, qu’elles proviennent de donneurs sains (allogreffe) ou du patient lui-même (autogreffe).

De nouvelles approches thérapeutiques

Si les taux de réponse observés après les traitements standards sont généralement élevés, certains patients vont résister ou rechuter. La recherche a montré que la cellule cancéreuse peut développer des mécanismes d’échappement au système immunitaire du patient, lui permettant de ne pas être reconnue comme dangereuse. La cellule cancéreuse peut alors proliférer dans l’organisme du patient.

De nouvelles approches thérapeutiques sont à l’étude, à différents stades de développement, pour traiter ces patients. Elles peuvent utiliser le système immunitaire afin de lui redonner la capacité d’éliminer les cellules cancéreuses. Ces approches comprennent des thérapies ciblées, principalement basées sur l’utilisation d’anticorps spécifiques de certains marqueurs des cellules tumorales, et des immunothérapies.

 

Et Servier ?

Servier investit aujourd’hui une grande partie de son budget dans la recherche et le développement en oncologie, avec pour objectif d’améliorer la prise en charge des patients atteints d’hémopathies malignes, notamment de leucémie aiguë lymphoblastique.

Mieux comprendre les mécanismes aboutissant au développement de la maladie ou à la résistance aux traitements standards, rechercher de nouvelles cibles qui pourraient permettre le développement de nouvelles options thérapeutiques, et générer des données permettant de définir quel traitement ou séquence de traitement pourrait être le plus adapté à chaque patient sont autant de pistes poursuivies aujourd’hui par les équipes R&D du Groupe.

A RETENIR

  1. La leucémie aiguë lymphoblastique

    est une maladie rare qui affecte particulièrement les enfants.
  2. Elle n’a pas de cause connue

    à ce jour et ne présente pas de symptôme spécifique.
  3. Au cours de ces dernières années,

    la prise en charge de cette pathologie a fait des progrès considérables qui permettent des taux de guérison élevés particulièrement chez les enfants.

1American Cancer Society – July 2019. SANTÉ PUBLIQUE France /INCa

2Parkin DM et a., eds. International incidence of childhood cancer, Vol. II. Lyon, International Agency for Research on Cancer – WHO Fact Sheet 2009

 

3Hunger SP, Mullighan CG. Acute Lymphoblastic Leukemia in Children. N Engl J

Med. 2015;373(16):1541-1552.

4Sant M, Allemani C, Tereanu C, De Angelis R, Capocaccia R, Visser O,Marcos-Gragera R, Maynadié M, Simonetti A, Lutz JM, Berrino F; HAEMACARE Working Group. Incidence of hematologic malignancies in Europe by morphologic subtype:results of the HAEMACARE project. Blood. 2010;116(19):3724-3734.

5Coebergh JWW, Reedijk AMJ, de Vries E, et al. Leukaemia incidence and survival in children and adolescents in Europe during 1978–1997. Report from the Automated Childhood Cancer Information System project. Eur J Cancer. 2006;42(13):2019-2036.