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Le cholangiocarcinome, une tumeur rare des voies biliaires

Le cholangiocarcinome, un cancer des voies biliaires, est une tumeur rare et agressive. Dans la majorité des cas, les causes ne sont pas identifiées, mais il est souvent lié à d’autres facteurs de risque tels que les maladies inflammatoires, la cirrhose ou les infections.

Le cholangiocarcinome est une tumeur rare et agressive. Il concerne environ 8 000 personnes aux Etats-Unis1 et 2000 en France2. Il est plus fréquent dans les régions où l’on retrouve des infections causées par un ver parasite qui infecte le foie. La Thaïlande (avec 90 cas pour 100 000 habitants, soit le taux le plus élevé au monde1), la Chine et la Corée sont ainsi particulièrement touchées.

Du fait de la difficulté du diagnostic de cette forme de cancer, le nombre réel de cas de cholangiocarcinome est probablement sous-estimé. Ainsi, il est parfois classé à tort dans d’autres types de cancer.1

Seule la chirurgie permet de le guérir, mais elle n’est possible que pour un nombre limité de patients et le risque de rechute reste élevé. La chimiothérapie combinée avec l’immunothérapie est le traitement de première intention pour les patients qui ont un cholangiocarcinome inopérable ou qui a progressé après la chirurgie. Les progrès de l’immunothérapie et le développement de nouvelles thérapies ciblées permettent d’espérer augmenter l’espérance et la qualité de vie des patients.

Un cancer des voies biliaires, intra ou extra-hépatique

Le cholangiocarcinome est un cancer qui se développe dans les canaux biliaires qui véhiculent la bile, de la vésicule biliaire à l’intestin grêle. Il existe trois formes principales de cholangiocarcinome3 qui dépendent de la localisation de la tumeur dans le système biliaire :

  • Le cholangiocarcinome intra-hépatique, qui se développe à l’intérieur du foie, dans les voies biliaires de petit ou moyen calibre.
  • Le cholangiocarcinome extra-hépatique périhilaire ou tumeur hilaire, qui se développe là où les canaux hépatiques se rejoignent et quittent le foie jusqu’à la jonction avec la vésicule biliaire.
  • Le cholangiocarcinome extra-hépatique distal, qui se développe à l’extérieur du foie après que les voies biliaires hépatiques se sont rejointes pour former la voie biliaire principale.

Bien que les données varient considérablement selon les régions, il semble que la moitié des cholangiocarcinomes diagnostiqués soient intra-hépatiques et l’autre moitié extra-hépatique4.

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Un cancer souvent lié à des antécédents médicaux

Plusieurs facteurs augmentent le risque de cholangiocarcinome. Le plus souvent, il s’agit d’antécédents de maladie ou d’inflammation des voies biliaires5 favorisant le développement du cancer. L’âge (l’âge moyen au moment du diagnostic est de 70 ans6) l’obésité, le diabète et l’exposition à certains produits chimiques peuvent également être des facteurs de risque.

Prévenir le cholangiocarcinome

Le cholangiocarcinome peut être en partie prévenu par des mesures d’hygiène de vie et de santé adaptées. Adopter une alimentation équilibrée riche en fruits et légumes combinée à une activité physique régulière, limiter la consommation d’alcool et éviter de fumer contribue au maintien d’un foie sain.

Pour prévenir les infections chroniques pouvant conduire à ce cancer, il est crucial de se faire vacciner contre le virus de l’hépatite B (VHB). Traiter toute hépatite existante, en particulier les hépatites B et C, réduit les risques de dommages hépatiques pouvant évoluer en cholangiocarcinome. Les voyages dans des zones endémiques, comme certaines régions d’Asie du Sud-Est où des parasites hépatiques sont présents, demandent une vigilance particulière : boire de l’eau potable, consommer des aliments bien cuits et suivre les recommandations sanitaires locales. En combinant ces diverses stratégies, il est possible de réduire significativement les risques de développer un cholangiocarcinome.5

Un diagnostic par imagerie et biopsie

Le diagnostic de cancer des voies biliaires est souvent fait tardivement en raison de l’absence de signes et de symptômes. En effet, les premiers signes sont souvent non-spécifiques de cette maladie et apparaissent lorsque la tumeur est volumineuse et responsable de compression des canaux biliaires importants pouvant générer une jaunisse pour le cholangiocarcinome extra-hépatique.

Photo d'un patient atteint de cholangiocarcinome et son aidant

D’autres symptômes peuvent apparaitre tels que des démangeaisons, des selles décolorées, une urine foncée, des douleurs abdominales, une perte de poids, de la fièvre. Toutefois ces symptômes n’étant pas spécifiques des maladies et peuvent aboutir à un diagnostic tardif du cancer.2

Le diagnostic de cholangiocarcinome est complexe et nécessite typiquement plusieurs explorations :

  • Analyses de sang : pour détecter des signes de maladie hépatique
  • Imagerie médicale : échographie, tomodensitométrie (CT), imagerie par résonance magnétique (IRM) pour visualiser les voies biliaires et rechercher des métastases
  • Biopsie hépatique : prélèvement de tissu pour examen au microscope
  • Endoscopie : Un tube long et fin avec une petite caméra à l’intérieur, appelé endoscope, est introduit dans le corps par une ouverture naturelle telle que la bouche. Dans le cas du cholangiocarcinome, une endoscopie peut être utilisée pour prélever un échantillon de la tumeur.
  • Marqueurs tumoraux : des protéines comme la CA 19-9 peuvent être élevées en cas de cholangiocarcinome7

Au cours du diagnostic du cholangiocarcinome, des tests moléculaires sont également effectués, sur échantillon hépatique ou sanguin. En effet environ 40 % des patients atteints de cholangiocarcinome ont des mutations qui sont actionnables avec des traitements ciblés8.

Quels sont les traitements possibles du cholangiocarcinome ?

La résection chirurgicale est le seul traitement potentiellement curatif du cholangiocarcinome. Une transplantation totale du foie peut également être envisagée. En outre, il est conseillé de traiter la jaunisse, en parallèle des traitements contre le cancer.

Si le cancer ne peut pas être opéré, notamment s’il s’est propagé à d’autres organes, il est possible de le traiter avec l’immunothérapie ou les thérapies ciblées, qui pourront ralentir la maladie et la contrôler.

L’immunothérapie combinée avec la chimiothérapie, dont le but est de renforcer les défenses immunitaires de l’organisme pour lutter contre le cancer, est un nouvel espoir dans la lutte contre le cholangiocarcinome. Face à l’agressivité de cette maladie et au manque d’options thérapeutiques, de nouveaux traitements (autres combinaisons et molécules) sont en cours de développement.

Plusieurs thérapies ciblées ont ainsi été autorisées ces dernières années. Elles ciblent les différentes altérations moléculaires ou l’environnement tissulaire spécifique du cancer qui contribuent à sa croissance. Le traitement cible alors les cellules cancéreuses, notamment en bloquant leur prolifération, et limite les dommages sur les cellules saines. Ces traitements sont réservés aux patients chez qui une mutation pouvant être ciblée a été identifiée.

Photo d'un patient atteint de cholangiocarcinome et son aidant

ET SERVIER ?

En oncologie, nous avons pour objectif de développer des thérapies de précision qui visent à transformer la vie des patients atteints de cancer rares et avec des besoins médicaux non couverts. Nous sommes un acteur focalisé et innovant, notamment dans les traitements contre les cancers digestifs (cancer colorectal, cancer gastrique, cancer du pancréas, cholangiocarcinome), les tumeurs cérébrales (gliomes) et les cancers hématologiques (leucémie aiguë myéloïde, leucémie aiguë lymphoblastique, lymphomes).

Nous concentrons nos programmes de R&D sur deux approches : l’immuno-oncologie et les thérapies ciblées.

À RETENIR

  1. Le cholangiocarcinome est une tumeur rare et agressive des voies biliaires. Le diagnostic est souvent tardif car les premiers signes ne sont pas spécifiques.
  2. Son apparition est souvent liée à des antécédents de maladie ou d’irritation des voies biliaires, ou bien à des infections parasites. L’obésité et l’abus d’alcool constituent des facteurs de risques.
  3. La résection chirurgicale est le seul traitement curatif du cholangiocarcinome. Les thérapies ciblées et l’immunothérapie représentent aujourd’hui de nouveaux espoirs dans la lutte contre le cholangiocarcinome.

Le cholangiocarcinome est un cancer rare et agressif des voies biliaires, les canaux qui transportent la bile du foie vers l’intestin. Il peut se développer à l’intérieur du foie (intra-hépatique) ou à l’extérieur du foie (extra-hépatique).

Le diagnostic est souvent tardif car les premiers symptômes sont peu spécifiques (fatigue, douleurs abdominales, perte de poids). Les signes plus évocateurs, comme la jaunisse, apparaissent généralement lorsque la tumeur est déjà avancée.

Le cholangiocarcinome est fréquemment associé à des antécédents de maladies ou d’inflammations des voies biliaires, à la cirrhose ou à certaines infections parasitaires. L’âge, l’obésité, le diabète, l’alcool et l’exposition à certains produits chimiques peuvent également augmenter le risque.

Le diagnostic repose sur une combinaison d’examens : analyses sanguines, imagerie médicale (échographie, scanner, IRM), biopsie et parfois endoscopie. Des tests moléculaires sont également réalisés, car environ 40 % des patients présentent des mutations génétiques pouvant être ciblées par des traitements spécifiques.

La chirurgie est le seul traitement potentiellement curatif, mais elle n’est possible que chez un nombre limité de patients. Lorsque la chirurgie n’est pas envisageable, des traitements comme la chimiothérapie, l’immunothérapie ou les thérapies ciblées peuvent être proposés afin de ralentir la progression de la maladie.


Sources :

[1] American Cancer Society/ Key statistics for bile Duct Cancer /https://www.cancer.org/cancer/types/bile-duct-cancer/about/key-statistics.html
last update 11 October 2024
[2] AFEF, Société Française d’Hépatologie. https://afef.asso.fr/cholangiocarcinome/
[3] Cholangiocarcinoma Foundation / https://cholangiocarcinoma.org/defined/https://cholangiocarcinoma.org/learn-about-cholangiocarcinoma/consulté le 28/11/2024
[4] American Cancer Society / Global Trends in Intrahepatic and Extrahepatic Cholangiocarcinoma Incidence From 1993 to 2012 /https://acsjournals.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/cncr.32803
[5] American cancer society / https://www.cancer.net/cancer-types/bile-duct-cancer-cholangiocarcinoma/risk-factors-and-prevention/ consulté le 04/12/2024
[6] Cholangiocarcinoma foundation /https://cholangiocarcinoma.org/key-statistics/ 
[7] Bile Duct Cancer. American Cancer Society. [En ligne] 11 October 2024. https://www.cancer.org/cancer/types/bile-duct-cancer.html.
[8] EASL-ILCA Clinical Practice Guidelines on the management of intrahepatic cholangiocarcinoma. Al, Domenico Alvaro et. s.l. : Journal of Hepatology, 2023.

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