Interview croisée d’Alice de Queylard, Chief Innovation Officer au PSCC et de Nathalie de Préville, Directrice des Partenariats Public-Privés de Servier.

Alice de Queylard : Le Paris Saclay Cancer Cluster (PSCC) est un biocluster centré sur l’oncologie. Créé à proximité de l’Institut Gustave Roussy, il vise à accélérer le développement industriel de l’innovation en cancérologie. Pour nous, collaborer avec un acteur pharmaceutique international comme Servier est stratégique. Dès l’origine, nous avons ouvert notre gouvernance aux industriels. L’expertise de Servier nous aide à fixer des objectifs alignés sur les besoins de l’écosystème et à orienter nos investissements.
Nathalie de Préville : Pour Servier, ce partenariat s’est imposé naturellement. Il s’inscrit dans une logique, différente des partenariats public-privés classiques autour de projets pré-compétitifs. Nous partageons avec le PSCC la volonté de lever les barrières pour accélérer l’innovation thérapeutique en oncologie, qui est l’une des priorités de notre stratégie Servier 2030. Chez Servier, nous sommes convaincus qu’une R&D performante doit être collaborative. Dès la création du PSCC, nous avons donc ouvert nos portes et décidé de soutenir cet écosystème. Un partenariat solide repose sur un objectif commun clair : ici, accélérer l’industrialisation de projets scientifiques innovants.

Alice de Queylard : Cet objectif partagé est essentiel. La manière de collaborer l’est tout autant. Nous avons été très positivement impressionnés par la transparence qui s’est installée entre les équipes. Les échanges sont fluides et équilibrés. L’événement du 24 mars en est une bonne illustration, avec un véritable esprit de partage autour des projets présentés et des challenges partagés. Les start-ups que nous accompagnons bénéficient aussi directement de l’expertise des équipes Servier. Si elles se fondent sur une base scientifique solide, le développement industriel de leurs innovations exige d’autres compétences. Le partenariat leur ouvre l’accès à des expertises clés de l’industrie pharmaceutique : développement clinique, qualité, réglementaire ou stratégies d’accès au marché.
Nathalie de Préville : C’est dans cet esprit que nous avons organisé l’an dernier un « Challenge Day », qui nous a permis d’identifier des start-ups pouvant bénéficier de l’expertise de l’industrie pharmaceutique. Certaines ont ensuite rejoint l’incubateur Spartners by Servier & BioLabs, accédé à nos infrastructures ou initié des projets collaboratifs avec nos équipes. Nous comptons poursuivre cette mobilisation en interne, au-delà même de la R&D.
Alice de Queylard : La continuité dans le temps est en effet essentielle pour construire une collaboration de confiance.
Nathalie de Préville : Soyez-en assurée : d’autres Challenge Day seront organisés à Saclay, ainsi que de nouvelles occasions d’échanges. Impossible de s’arrêter en si bon chemin !
Quand le PSCC et Servier parlent de jumeaux numériques et des modèles de fondation dans la recherche contre le cancer
La journée d’échanges du 24 mars, réunissant scientifiques, entrepreneurs et équipes académiques, a illustré la maturité du partenariat entre le PSCC et Servier. Sous l’autorité de Walid Kamoun, Directeur R&D oncologie chez Servier, et de Benjamin Garel, CEO du PSCC, les équipes ont mis en lumière les avancées des deux années de collaboration et la mobilisation d’experts Servier issus de différents métiers (R&D, Industrie, Market access, Réglementaire).
Parmi les thèmes phares : les jumeaux numériques et les modèles de fondation en oncologie. Un jumeau numérique (ou un modèle de fondation) est une réplique virtuelle et dynamique d’un organe ou d’une tumeur, utilisée pour simuler la biologie ou l’évolution de la maladie et soutenir la médecine de précision. Les échanges ont souligné leur potentiel pour modéliser la biologie tumorale, identifier de nouvelles cibles thérapeutiques ou encore créer des bras de contrôle synthétiques dans les essais cliniques. Autant de perspectives qui ouvrent la voie à une intégration progressive de ces technologies dans les protocoles de recherche et développement.

