Le cancer gastrique, maladie de l’estomac

06/05/2020

Le cancer gastrique est associé à plusieurs facteurs de risques environnementaux et comportementaux. En raison de symptômes peu spécifiques, ce cancer est détecté trop tardivement, rendant son pronostic souvent défavorable.

Le cancer de l’estomac, ou cancer gastrique, est plus fréquent dans les pays en développement que dans les pays industrialisés (parmi les plus touchés, plusieurs pays d’Asie, dont la Chine, l’Amérique du Sud – Chili, Pérou, Colombie en tête – mais aussi d’Europe de l’Est). Exception parmi les pays industrialisés, le Japon[1]présente une incidence de la maladie particulièrement élevée. L’Afrique subsaharienne est en revanche peu concernée.

Cette répartition s’explique par la nature de ses facteurs de risque : le principal est la présence dans l’estomac de la bactérie Helicobacter pylori, responsable de 80 %[2]des cancers gastriques. Cette bactérie, qui se contracte essentiellement durant l’enfance – par la voie oro-orale car il s’agit généralement d’une transmission parents-enfants due à la proximité – est à l’origine de gastrites chroniques, inflammations de l’estomac qui évoluent en cancer chez 1 % des personnes infectées[3]. Grâce à une meilleure hygiène de vie des populations, à l’amélioration des modes de conservation des aliments, à l’accès à l’eau potable et aux antibiotiques, l’Helicobacter pylori tend à se raréfier.

Parmi les autres facteurs de risque identifiés : le tabagisme, l’alcool et une alimentation pauvre en fruits et légumes, trop salée ou riche en viandes et poissons fumés (la consommation importante de produits fumés serait à l’origine de l’incidence élevée au Japon). La présence d’antécédents familiaux ou une prédisposition génétique peuvent aussi être associées à cette maladie. Comme d’autres cancers, les chances de survie augmentent lorsqu’il est diagnostiqué tôt.

+ 1,03 M
Plus de 1,03 million de nouveaux cas sont survenus dans le monde en 2018, ce qui en fait le cinquième cancer le plus fréquent.
≈783 000
Près de 783 000 personnes en sont décédées en 2018 : c’est le troisième cancer le plus mortel dans le monde.
1,75 M
En 2040, ce cancer pourrait toucher 1,75 million de personnes, soit 69 % de plus qu’en 2018.

EN FRANCE

Le taux de survie à cinq ans est de 23 % chez les hommes et 28 % chez les femmes, tous patients confondus* (âges et stades de la maladie).

4 657 nouveaux cas sont survenus en 2018 (dont 65 % chez l’homme), et 4 272 personnes en sont décédées**.

L’âge médian au diagnostic est de 71 ans chez l’homme et de 75 ans chez la femme**.

De 1990 à 2018, le nombre de nouveaux cas a diminué plus nettement chez l’homme (-2,3 %) que chez la femme (-1,9 %)**.

*Survie des personnes atteintes de cancers en France métropolitaine 1989-2013, février 2016, InVS/INCa,https://www.e-cancer.fr/content/download/140601/1746382/file/Survie-des-personnes-atteintes-de-cancer-France-metropolitaine-1989-2013-tumeurs-solides_2016.pdf

**Estimations nationales de l’incidence et de la mortalité par cancer en France métropolitaine entre 1990 et 2018, vol.1, Tueurs solides, Santé publique France/INCa, https://www.e-cancer.fr/content/download/267189/3771998/file/Rapport_Vol1_Tumeurs_Solides_juillet_2019.pdf

L’estomac, premier organe de la digestion

L’estomac assure deux fonctions dans l’organisme. La première est chimique : il produit un mélange d’acides et d’enzymes, le suc gastrique, mélange contenant notamment de l’acide chlorhydrique et une enzyme dégradant les protéines, la pepsine.

 

La seconde est mécanique : il favorise la digestion. En se contractant, les muscles de l’estomac permettent de malaxer le bol alimentaire, transformé en une pâte (le chyme) qui sera acheminée vers l’intestin. La plupart des cancers de l’estomac (plus de 90 %) sont des adénocarcinomes[4] qui touchent la muqueuse de cet organe, c’est-à-dire la couche interne où se situent les glandes productrices d’acides et d’enzymes. Ce cancer peut toucher tout l’estomac : lorsqu’il affecte les deux tiers supérieurs (près de l’œsophage), les tumeurs sont dites proximales quand il touche le tiers inférieur, près de l’intestin, elles sont dites distales.

 

 

 

Détecter le cancer à ses débuts

Le cancer de l’estomac est un cancer qui entraîne peu de symptômes spécifiques. Aussi est-il essentiel de consulter rapidement en cas de douleurs épigastriques (dans la région supérieure et moyenne de l’abdomen), de nausées, de vomissements, d’une altération de l’état général (perte d’appétit, fatigue, amaigrissement), d’une dysphagie (difficulté à déglutir), de saignements gastro-intestinaux (avec présence de sang lors de vomissements ou dans les selles) ou d’une anémie. Les autorités sanitaires ne recommandent pas de dépistage ni de traitement généralisé d’Helicobacter pylori dans la population, en raison d’un bénéfice incertain dû à la résistance aux antibiotiques et aux possibles effets indésirables. Le dépistage et l’élimination de la bactérie sont en revanche proposés aux personnes à risque, en particulier :

  • aux parents au premier degré (père/mère, frère/sœur, enfant) d’un patient atteint d’un cancer de l’estomac,
  • aux personnes traitées par anti-inflammatoires non stéroïdiens depuis plus d’un an, exposées à un risque d’ulcère gastrique.

La gastrectomie, un acte lourd

L’opération chirurgicale peut être pratiquée lorsque le cancer est diagnostiqué aux stades précoces (seule la muqueuse est touchée), lorsqu’il est localisé (restreint à l’estomac) ou localement avancé (organes adjacents, ganglions lymphatiques proches). Elle peut parfois être proposée lorsque la tumeur s’est étendue à d’autres organes (foie, poumon, ovaire) sous forme de métastases, pour réduire la taille de la tumeur.

Selon le stade, le chirurgien procède à l’ablation de la totalité ou d’une partie de l’estomac (gastrectomie totale ou partielle). L’opération consiste aussi à rétablir la continuité du tube digestif lorsque cela est possible. Dans le cas contraire, la mise en place d’un dispositif d’alimentation directement relié à l’estomac permettant la mise en place d’une alimentation dite « artificielle », la gastrostomie, est requise.

Les effets secondaires de la gastrectomie peuvent se manifester à court terme (hémorragie, infection, douleur, perte d’appétit et de poids, diarrhées, etc.), ainsi qu’à long terme. L’ablation de l’estomac, particulièrement lorsqu’elle est totale, peut engendrer fatigue, troubles psychologiques et anxiété. Des déficits en fer, en vitamines B9 (folate) et B12 peuvent survenir : en cas de déficit de cette dernière, des injections mensuelles à vie sont nécessaires pour prévenir les anémies.

La chimiothérapie pour maximiser les chances

Parfois associée à la radiothérapie, la chimiothérapie peut être administrée avant l’opération (préopératoire) pour réduire la taille de la tumeur, afin de la retirer plus facilement. Le traitement dure entre 2 et 3 mois. Quant à la chimiothérapie postopératoire, d’une durée de 2 à 4 mois, elle permet de limiter le risque de récidive pour les patients à haut risque en éliminant les cellules cancéreuses résiduelles. En présence de métastases, la chimiothérapie, dite palliative, permet de ralentir la progression de la maladie et de soulager les symptômes liés à la tumeur, ce qui permet d’améliorer la qualité de vie tout en la prolongeant.

Et Servier ?

Servier investit aujourd’hui une grande partie de son budget dans la recherche et le développement en oncologie, avec notamment des programmes R&D dans le cancer colorectal, pancréatique, gastrique et en hémato-oncologie

Mieux comprendre les mécanismes aboutissant au développement de la maladie ou à la résistance aux traitements standards, rechercher de nouvelles cibles qui pourraient permettre le développement de nouvelles alternatives thérapeutiques, et générer des données permettant de définir quel traitement ou séquence de traitements pourrait être le plus adapté à chaque patient, sont autant de pistes poursuivies aujourd’hui par les équipes R&D du Groupe.

À retenir

  1. Des facteurs de risque multiples :

    la bactérie Helicobacter pylori principalement, le tabagisme, l’alcool, une alimentation trop salée ou riche en viandes et poissons fumés.
  2. Peu de symptômes spécifiques.

    Il est donc essentiel de consulter rapidement en cas de douleurs épigastriques (région de l’abdomen) de nausées, de vomissements, d’une difficulté à déglutir, de saignements gastro-intestinaux ou d’une anémie.
  3. Le dépistage et l’élimination de la bactérie

    sont proposés aux personnes à risque comme les parents au premier degré (père/mère, frère/sœur, enfant) d'un patient atteint, ou les personnes exposées à un risque d’ulcère gastrique.