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Servier x L’ADN : Plus complexe, plus ouverte : l’innovation en archipel

Servier x L’ADN : Plus complexe, plus ouverte : l’innovation en archipel

L’innovation liée aux systèmes du vivant est par nature collective. La complexité des problématiques a toujours obligé les grands groupes, les collectivités, les universités, les start-up ou biotechs à travailler main dans la main.

Une initiative comme Innovative Medicines Initiative1(IMI) témoigne aujourd’hui de la vitalité des logiques de partenariats. Mais si la dynamique collaborative perdure, les méthodes évoluent : à l’heure de l’intelligence artificielle et du Big Data, des acteurs émergents façonnent de nouvelles formes de collaboration et s’étendent à de nouvelles géographies.

Rapport annuel 2024/25

Lire le rapport

Pour garantir leur efficacité, les logiques partenariales s’accompagnent d’un mouvement de clusterisation. Il permet de densifier l’offre et la demande en termes de technologies, d’idées et de talents, de réunir entreprises et financements, tout en favorisant les logiques de complémentarité et d’innovation à l’échelle globale.

Aujourd’hui, les régions de Boston, Londres, Bâle ou Paris concentrent la capacité d’innovation. Elles doivent néanmoins composer avec la concurrence de pôles extrêmement dynamiques, en particulier en Asie. La K-Biotech2 tire ainsi parti de l’écosystème scientifique coréen, tandis que la Chine confirme son statut de géant du secteur, et ambitionne par exemple de transformer la cité ancienne de Suzhou en « Pharma Valley of China3 » d’ici 2030.

Cette clusterisation permet également de faciliter la coopération entre acteurs de différentes tailles et statuts. La relation aux start-up reste un levier d’innovation fondamental pour l’industrie pharmaceutique. L’ouverture de l’incubateur Spartners by Servier & BioLabs sur le plateau de Saclay en 2023 illustre le soutien que peut apporter un grand groupe aux entrepreneurs. Sur une autre échelle, les collaborations avec les « Big Techs » sont plus que jamais d’actualité, notamment pour accélérer le déploiement de l’IA dans le développement de solutions thérapeutiques.

Plus de 60

Le groupe Servier est fort de plus de 60 partenariats et collaborations de recherche en 2024/2025 et un réseau de plus de 300 partenaires académiques et industriels dans le monde.

Cette évolution du paysage de l’innovation pharmaceutique s’accompagne de nouveaux modèles de collaboration. Celui d’AlphaFold, issu d’une collaboration entre Google DeepMind and Isomorphic Labs formule de belles promesses4 en mettant l’IA au service de la contraction du pipeline de recherche pharmaceutique. Si les attentes médicales sont immenses (identification des cibles thérapeutiques, réduction des temps de développement), les interrogations persistent concernant la gouvernance des données ou la capacité des laboratoires à éviter la désintermédiation5 en étant court-circuités par les géants de la tech.

Le saviez-vous ?

En 2024, 85 % des nouvelles substances actives (NSA) lancées provenaient d’entreprises biopharmaceutiques émergentes (EBP), contre 53 % entre 2015 et 2019.

Qu’elle provienne des progrès technologiques ou de nouvelles formes de collaboration, la vague d’innovation promise à l’industrie pharmaceutique renforce également un phénomène d’asynchronisme entre le temps de l’innovation et celui de la réglementation. Un pays comme l’Espagne, aujourd’hui leader des essais cliniques6 en Europe, a bien compris le problème et multiplie les mesures pour réduire les temporalités : délais d’autorisation plus courts, simplification des procédures, harmonisation administrative, soutien des partenariats publics-privés…
Enfin, les nouvelles attentes des patients conditionnent l’effort d’innovation et remettent en cause la standardisation des protocoles. Médecine de précision, participation accrue des patients et développement des études cliniques décentralisées (réalisées pour partie au domicile du patient) transforment en profondeur la manière de créer de nouvelles solutions thérapeutiques. Au-delà du médicament, les logiques « Beyond the Pill7 » – fondamentales chez Servier – incarnent un effort d’innovation plus global, au-delà du seul médicament.

Dans ce paysage kaléidoscopique, les entreprises pharmaceutiques jouent un rôle central mais ne peuvent plus innover seules. Elles participent à financer l’innovation des jeunes pousses, auprès d’un marché des biotechs qui a gonflé de 80 %8 en 15 ans. Elles apportent l’expertise industrielle au sein de partenariats technologiques devenus incontournables et s’ouvrent à de nouveaux modèles de coopération ouverte, propres à saisir les opportunités novatrices tout en favorisant la transversalité entre l’écosystème scientifique, les biotechs et les acteurs traditionnels.

Un peu de lecture : « External innovation: Biopharma dealmaking to boost R&D productivity »

Cette étude du cabinet McKinsey9 montre que la capacité des entreprises pharmaceutiques à sourcer l’innovation en externe est associée à une meilleure performance. Les entreprises qui pratiquent efficacement l’outsourcing se révèlent entre 3 et 8 fois plus productives que les autres. De manière plus générale, l’étude montre que depuis 2018, 70 % des revenus liés aux nouvelles entités moléculaires (NME) proviennent de sources externes.


[1] L’Innovative Medicines Initiative (IMI) est une initiative de la Commission européenne (DG RTD) et de la Fédération européenne des associations et industries pharmaceutiques (EFPIA) visant à améliorer la situation concurrentielle de l’Union européenne dans le domaine de la recherche pharmaceutique.
[2] BioSpectrum Asia – Analyse : The rise of K-biotech, article sectoriel.
[3] South China Morning Post – China’s biotech hub Suzhou thriving: can it become next Boston?, article d’actualité.
[4] The Rockefeller University – AI could accelerate drug discovery, but only if we can trust it, article scientifique/institutionnel.
[5] CNRS / DUMAS – Dépôt scientifique universitaire (thèse / rapport).
[6] Sur in English – Spain overtakes Germany as Europe’s leader in clinical trials, article d’actualité.
[7] « Au-delà du médicament »
[8] Consultor.fr – Pourquoi les Big Pharma préfèrent le rachat à la recherche, article d’analyse.
[9] – McKinsey – Étude : External Innovation: biopharma Dealmaking to boost R&D productivity.