Servier, engagé dans la lutte contre la contrefaçon

28/09/2020

La valeur du marché mondial des produits pharmaceutiques contrefaits a atteint 4,4 milliards de dollars en 20161. Les raisons de cette explosion ? La pénétration de la chaîne légale de distribution par les organisations criminelles et l’essor fulgurant de la vente en ligne, qui permettent de toucher des victimes toujours plus nombreuses. Plongée au cœur d’un des marchés noirs les plus actifs de la planète.

Un faux vaccin anti rage repéré aux Philippines, des comprimés factices d’un traitement contre la leucémie saisis en Suisse, un antibiotique contrefait distribué en Haïti, de faux masques de protection… En 2018, les saisies de faux médicaments par les autorités répressives ont augmenté de 63 % par rapport à l’année précédente, selon le Pharmaceutical Security Institute.

TOUS LES MÉDICAMENTS SONT CONCERNÉS

Premier constat, toutes les catégories de médicaments sont touchées, des plus communs comme les antalgiques aux plus pointus comme les anticancéreux, en passant par les vaccins, les antidiabétiques ou les sédatifs. Second constat, les faux médicaments ont l’air de vrais. Visuellement, ils en sont souvent l’exacte réplique.

Ils peuvent même contenir une petite part de principe actif du vrai médicament pour créer des copies parfaites largement sous-dosées. Selon l’OCDE, l’Inde et la Chine sont les plus grands producteurs identifiés de produits pharmaceutiques contrefaits. Or, le patient n’a aucun moyen de distinguer un vrai d’un faux médicament, surtout s’il est vendu à l’unité.

L’AFRIQUE, PREMIÈRE VICTIME DE LA CONTREFAÇON

Si tous les pays sont touchés par les médicaments contrefaits, les pays à revenus faibles ou intermédiaires paient le plus lourd tribut. Avec son maillage en pharmacies et en établissements de santé souvent insuffisant, son habitude des systèmes de distribution informels et les faibles revenus de ses habitants, l’Afrique est le terrain de prédilection des trafiquants. Des centaines de milliers de personnes y meurent chaque année à cause d’un « produit médical d’un niveau de qualité insuffisant ou falsifié », selon les termes de l’OMS. Les faux traitements contre la tuberculose ou le paludisme causent de très nombreuses victimes, par défaut de soins. Dans certains cas, les faux médicaments sont même directement toxiques. En 2015, en République démocratique du Congo (RDC), un faux sédatif a causé onze décès et plus de 1 000 hospitalisations pour des symptômes s’apparentant à une méningite. Les comprimés contenaient en fait des doses d’antipsychotique vingt fois supérieures aux normes.

LE WEB COMME TOILE DE DISTRIBUTION

Les meilleurs remparts contre les trafiquants de faux médicaments restent le système de santé d’un pays et sa couverture maladie. Mais face à des réseaux criminels très organisés, aucun pays n’est à l’abri de contrefaçons de médicaments. Les États-Unis, par exemple, sont en proie à un grave trafic d’opiacés, dont des comprimés contrefaits circulent sur le marché noir, vendus sous le manteau ou en ligne. Mortellement dosés, ils coûtent chaque année la vie à des centaines de personnes. C’est en ligne que se déroule l’essentiel du trafic. Les chiffres sont éloquents : 96 % des officines en ligne sont illégales. Les fausses pharmacies en ligne séduisent les patients par la facilité d’achat par correspondance ou la possibilité d’obtenir des médicaments de prescription sans ordonnance. Il est également constaté que les réseaux sociaux sont devenus un vecteur clé d’achat de faux médicaments en ligne. Des centaines de sites Internet différents, dans différentes langues et différents pays, peuvent être opérés par le même réseau criminel. Véritable fléau mondial, le trafic de faux médicaments demande des actions concertées à l’échelle internationale. Coordonnées par Interpol, les opérations Pangea réunissent plus d’une centaine de pays et permettent, chaque année, de saisir des millions de médicaments illicites et de démanteler des réseaux criminels.

 

1/10
1 médicament sur 10 vendu dans les pays à revenu faible ou intermédiaire est d’un niveau de qualité insuffisant ou falsifié, selon l’OMS.
400
Plus de 400 millions de boîtes Servier seront sérialisées à terme (soit 5 000 références du Groupe)
50
50 lignes de conditionnement du Groupe bénéficient de solutions de sérialisation

ETRE UN ACTEUR MAJEUR DE LA LUTTE CONTRE LA CONTREFACON

Membre du Groupe Anticontrefaçon de la Fédération européenne des industries et associations pharmaceutiques (EFPIA), le Groupe Servier a mis en place une organisation rigoureuse pour contribuer à la lutte contre les médicaments falsifiés. Premier volet de l’action : les opérations de prévention, en partenariat avec les autorités. Les formations et la traçabilité des médicaments, renforcée par le dispositif de sérialisation Matrix, sont les deux autres grands volets de l’action du Groupe.

ÉTABLIR UN PARTENARIAT DE CONFIANCE AVEC LES AUTORITÉS

Il s’agit de l’un des piliers de l’action du Groupe. Des informations détaillées sur la chaîne d’approvisionnement et de distribution, la provenance et le packaging des médicaments Servier distribués dans un pays permettent ainsi de mieux repérer les flux suspects. Pour fournir ces éléments, le Département de la Lutte contre la falsification travaille en partenariat étroit avec l’ensemble du Groupe, et notamment les filiales et la Direction des Affaires Réglementaires. La réussite des futures interventions des douanes et de la police repose sur la fiabilité des renseignements donnés. Une des forces de Servier au sein de ce partenariat est de répondre efficacement aux sollicitations, tant en amont, dans le cadre des échanges ponctuels avec les autorités, que lors du repérage d’un flux suspect. Des guides pratiques, comme la manière de photographier un médicament pour demander sa vérification, permettent d’accélérer le traitement des demandes. La qualité des informations et la réactivité des collaborateurs de Servier alimentent en effet la confiance des autorités publiques dans le Groupe.

RÉPONDRE AUX DEMANDES DE FORMATIONS DES AUTORITÉS PUBLIQUES

Pleinement engagé dans la lutte contre la contrefaçon, Servier participe à un nombre croissant de formations chaque année. Ainsi, 1 729 personnes ont été formées en 2018-2019. Cette implication est rendue possible par une organisation interne rigoureuse et la transversalité entre les différents services. Plus particulièrement, en 2019, Servier a contribué à la formation de 452 agents répressifs (301 douaniers, 74 policiers, 77 membres d’agences de santé) dans le monde. Menées à la demande d’organisations internationales ou d’administrations nationales, ces formations sont l’occasion pour Servier d’être un soutien des autorités, en apportant les connaissances indispensables pour que les agents répressifs soient à l’aise dans leurs contrôles et disposent de tous les éléments pour identifier les contrefaçons. En charge d’un éventail de près de 400 missions, les agents des douanes ne sont pas des spécialistes du médicament. Les formations organisées par Servier leur fournissent des outils précis pour repérer les indicateurs de risque.

GARANTIR LA TRAÇABILITÉ ET L’AUTHENTICITÉ DES MÉDICAMENTS

Mis en œuvre depuis 2015, le programme Matrix (Mark Aggregate Track & Report for International Exchanges) a instauré une traçabilité unitaire des boîtes de médicaments, en vue de préparer le Groupe à l’entrée en application de la sérialisation sur le territoire européen, en février 2019. Matrix attribue un identifiant unique (code produit + numéro de série) non plus par lot mais par boîte, et instaure un système antieffraction pour permettre aux pharmacies de vérifier la conformité du produit délivré au patient. Au-delà d’équiper les lignes de conditionnement, Matrix devait aussi permettre la mise en place des systèmes complexes d’échanges des données. Déployée dans toute l’Union européenne, la sérialisation sera mise en place en Russie à l’été 2020. Servier a également développé des outils innovants pour la sécurisation de ses produits, comme par exemple Securistamp, un authentifiant numérique codé imprimé sur des produits dans les pays les plus à risque. Par ailleurs, Servier dispose d’un laboratoire d’analyse des médicaments falsifiés situé à Orléans.

 

 

Rapport RSE 2019

Le rapport souligne la contribution de la Responsabilité sociétale d’Entreprise (RSE) à la performance de l’entreprise et témoigne de l’engagement de Servier dans une démarche RSE structurée, ouverte et créatrice de valeur.

Découvrez le rapport

[1] Rapport 2020 de l’OECD/EUIPO