Lutte contre les cancers : Servier mise sur trois fronts de bataille prometteurs

Décryptage
05/09/2018

22 millions de nouveaux cas par an. Telle est l’ampleur des cancers à l’horizon des 20 prochaines années, prévue par l’Organisation Mondiale de la Santé. Pour faire face à ce défi, les chercheurs multiplient les fronts contre la maladie. Les équipes de Servier ont choisi de se concentrer sur trois d’entre eux.

Explications.

« Il y a 15 ans, un diagnostic de mélanome métastatique était synonyme d’issue fatale rapide. Aujourd’hui, il est tout à fait possible, avec les traitements appropriés, d’envisager une survie à 5 ans. Et le domaine évolue à un rythme extraordinaire ! ». Dans l’ interview qu’ils ont accordée à la revue académique « Future Oncology », Patrick Therasse (directeur du développement clinique en oncologie) et Jean-Pierre Abastado (ancien directeur R&D Oncologie) affichent leur optimisme. Et pour cause : les moyens de lutte contre les cancers progressent de manière remarquable.

 

Un arsenal contre les cancers

Si les thérapies ont progressé, c’est avant tout grâce à une mobilisation telle que les connaissances accumulées permettent désormais de mieux comprendre l’ensemble des mécanismes impliqués dans la maladie : processus de déclenchement d’un cancer, interactions entre les cellules cancéreuses et le système immunitaire, propagation des cellules cancéreuses dans le corps, etc.

Surtout, le traitement des cancers est en train d’évoluer, passant d’une chimiothérapie cytotoxique peu sélective – qui détruisait les cellules cancéreuses, mais aussi bon nombre de cellules saines – à des thérapies ciblées et personnalisées.

Ciblées, c’est à dire aptes à reconnaître des composants spécifiques des cellules cancéreuses (récepteurs, protéines…), ou à agir à un stade précis de leur développement. Personnalisées, car  adaptées aux spécificités génétiques et biologiques des cellules tumorales du patient.

A la clé ? Une plus grande efficacité des traitements à long terme, des effets secondaires moins importants et mieux maîtrisés, et moins de temps perdu pour cause de traitements inadaptés.

 

Une stratégie gagnante

Afin de faire bénéficier les patients de ces avancées, Servier a choisi de se donner les moyens de réussir, de bien s’entourer et de cibler ses efforts.

Du côté des moyens, les chiffres parlent d’eux-mêmes : le groupe alloue à l’oncologie 35% de son budget de R&D, et a prévu de porter cet effort à 50% d’ici 2 ans.

Quant à la capacité à bien s’entourer, elle est, d’ores et déjà, bien établie : fin 2016, 19 partenariats étaient en cours, avec des partenaires aussi bien académiques (CNRS, Institut Curie, Institut Gustave Roussy, Singapore Immunology Network, Walter and Eliza Hall Institute – en Australie) qu’industriels (des entreprises de biotech comme Cellectis, Macrogenics, Pieris plus récemment aux grands acteurs du secteur pharmaceutique comme Novartis ou encore Pfizer).

L’enjeu de ces partenariats ? Accéder à d’autres expertises et ainsi accélérer la recherche et le développement de nouvelles molécules.

Pour cela, Servier a choisi de cibler ses efforts en optant pour trois types de stratégie : les thérapies ciblées, l’apoptose et l’immuno-oncologie. Des domaines particulièrement prometteurs, dans lesquels Servier a déjà une expertise.

 

Des traitements qui visent plus juste

Sur le front des thérapies ciblées, une famille d’enzymes mobilise particulièrement les efforts de Servier. Il s’agit des tyrosines kinases qui sont une famille d’enzymes impliquées dans les voies de signalisation qui contribuent à la propagation des cellules cancéreuses.

 

Obliger les cellules cancéreuses  à mourir

Sur le deuxième front – l’apoptose – l’enjeu consiste à obliger les cellules cancéreuses… à mourir. L’apoptose est en effet un phénomène naturel de mort cellulaire programmée, par lequel l’organisme détruit des cellules devenues inutiles ou anormales. Or la capacité à éviter l’apoptose est une des caractéristiques clés des cellules cancéreuses – et un mécanisme de résistance aux traitements relativement courant.

Une famille particulière de protéines, la famille BCL-2, fait aujourd’hui l’objet de toutes les attentions. Surreprésentées dans les cellules cancéreuses, ces protéines empêchent les cellules d’entrer en apoptose, et donc de mourir. On parle alors de survie tumorale. L’enjeu des recherches menées par Servier est de cibler avec précision ces protéines, afin de déclencher le mécanisme de mort cellulaire programmée de ces cellules cancéreuses.

Le travail de recherche mené par notre laboratoire sur l’une de ces protéines a fait l’objet d’une publication scientifique dans la prestigieuse revue Nature.

 

Booster le système immunitaire

Enfin, le troisième front de recherche est l’immuno-oncologie. L’idée ? Restaurer et booster le système immunitaire, afin de lui permettre de reconnaître et de détruire les cellules cancéreuses. En d’autres termes, les molécules administrées aux patients ne ciblent plus seulement les cellules cancéreuses mais stimulent le système immunitaire qui va combattre lui-même la tumeur. Pourquoi avoir choisi cette stratégie plutôt qu’une autre ? Parce que l’immuno-oncologie, qui n’en est encore qu’à ses débuts, affiche déjà des résultats prometteurs, notamment dans des pathologies au diagnostic très pessimiste, comme le cancer du poumon ou celui de la peau, à un stade avancé.

Pour bien comprendre de quoi il s’agit, il faut savoir que le système immunitaire agit par tout un ensemble de points de contrôle immunologiques aussi appelés check points. Les tumeurs cancéreuses se protègent en leurrant les cellules immunitaires, qui les épargnent. Or, des chercheurs ont identifié des molécules, anticorps appelées « inhibiteurs de check-point », capables d’empêcher les tumeurs de se soustraire au système immunitaire.

 

Combiner les approches

Les batailles menées sur ces trois fronts de recherche feront-elles reculer les cancers ? Les chercheurs ne doutent pas de pouvoir améliorer l’espérance et la qualité de vie des patients, voire d’obtenir des rémissions de longue durée. Ils soulignent néanmoins que c’est le recours conjoint à plusieurs options thérapeutiques qui permettra d’obtenir de meilleurs résultats. Grâce aux partenariats noués et aux moyens mobilisés, Servier est donc à l’avant-poste du combat contre le cancer, un combat de plus en plus ciblé et pointu, porteur d’espoir pour les malades.

 

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Chiffres clés

Investissement R&D moyen sur 5 dernières années pour Servier : 800 millions d’euro

35% de la recherche dédiés à la lutte contre le cancer

5 produits anti-cancer sur le marché en 2017

10 produits en développement clinique

18 partenariats en cours