Insuffisance cardiaque : quand le cœur ne suit plus

28/09/2021

Essoufflement, fatigue, œdème aux chevilles…, l’insuffisance cardiaque provoque de nombreuses difficultés au quotidien. La qualité de vie des patients en est fortement altérée. Néanmoins, cette pathologie grave peut être stabilisée par un traitement médicamenteux (ou traitement chirurgical dans certains cas) et une bonne hygiène de vie.

L’insuffisance cardiaque se caractérise par une incapacité du muscle cardiaque à assurer normalement sa fonction de pompage du sang dans l’organisme, et donc à l’alimenter en oxygène et en nutriments. Cette maladie très handicapante est souvent liée à l’âge. Elle peut toutefois survenir chez des individus jeunes, parfois atteints d’une malformation des valves cardiaques.

  • 64 millions de personnes sont atteintes d’insuffisance cardiaque à travers le monde1.
  • La prévalence dans les pays occidentaux (Union européenne, Amérique du Nord) se situe aux alentours de 2 %. Certains pays asiatiques font état de chiffres bien plus élevés : 4,5 % à Singapour, 6,7 % en Malaisie.
  • L’insuffisance cardiaque tend à se développer du fait du vieillissement : 21,4 % de la population mondiale aura plus de 60 ans en 2050, contre 13,5 % en 20202.

En France

2,3 % de la population française est touchée par l’insuffisance cardiaque, taux qui atteint 9 % chez les 75-84 ans et 16,3 % chez les plus de 85 ans.

L’insuffisance cardiaque a un impact important sur la vie professionnelle. Le taux d’actifs occupés s’élève à 38,8 % chez les patients, contre 78 % dans la population non atteinte d’insuffisance cardiaque3.

70 000 décès par an et 160 000 hospitalisations sont liés à une insuffisance cardiaque4.

Le cœur, une pompe qui s’épuise

Le cœur est constitué de quatre cavités (deux oreillettes, deux ventricules), qui se contractent de manière coordonnée afin d’acheminer le sang vers les poumons, où il est réoxygéné, puis vers le reste de l’organisme. Cette action de pompage est assurée par un muscle appelé le myocarde, lui-même irrigué par les artères coronaires.

L’insuffisance cardiaque se caractérise par une perte progressive de la force musculaire du cœur et de sa capacité de contraction. L’organisme ne peut donc pas s’approvisionner normalement en nutriments et en oxygène. Se manifestant d’abord à l’effort, puis au repos, elle oblige le cœur à compenser en travaillant plus : dans un premier temps, par une accélération du rythme cardiaque ; puis par une augmentation du volume du cœur (dilatation des cavités, épaississement des parois).

Le cœur fournit donc plus d’énergie afin d’irriguer l’organisme, ce qui conduit à son épuisement progressif. Le patient risque alors une décompensation cardiaque, autrement dit une accumulation d’eau dans les poumons (œdème pulmonaire) rendant la respiration difficile, et doit alors être hospitalisé en urgence pour éviter l’arrêt cardiaque. S’aggravant rapidement, l’insuffisance cardiaque peut mettre à rude épreuve le cœur, les poumons, les reins et d’autres organes.

L’insuffisance cardiaque expose également le patient au risque d’embolie pulmonaire, à savoir l’obstruction d’une artère pulmonaire par un caillot sanguin.

Premiers symptômes : souffle court et fatigue

Le premier symptôme ressenti lors de l’insuffisance cardiaque est l’essoufflement. Il est provoqué par un engorgement du sang dans les poumons. Autre symptôme évocateur, la fatigue provient d’un déficit d’irrigation des muscles, ainsi privés d’un apport suffisant en nutriments et en oxygène.

Du fait de l’accumulation de sang dans les vaisseaux, des œdèmes peuvent se former au niveau de certaines parties du corps (foie, veines du cou, jambes). L’insuffisance cardiaque engendre aussi une rétention d’eau en raison d’une moindre activité des reins, ainsi que des troubles de la mémoire et de la libido.

Un doppler pour surveiller l’activité du cœur

Outre l’examen clinique et un bilan sanguin, le diagnostic de l’insuffisance cardiaque repose sur l’électrocardiogramme (y compris lors d’un test d’effort pour les sujets jeunes) et sur l’imagerie.

L’échocardiographie doppler permet de mesurer la taille des cavités cardiaques et l’épaisseur du muscle. Elle évalue également la capacité de remplissage et la contraction du ventricule gauche, chargé de propulser le sang vers l’organisme. Selon le résultat, on distingue les insuffisances cardiaques à fraction d’éjection réduite (dites « systoliques », qui affectent l’expulsion du sang par les ventricules) de celles à fraction d’éjection normale (dites « diastoliques », qui ont trait à un remplissage défectueux des oreillettes).

Certains marqueurs dans le sang (BNP/NT-proBNP), permettent de déterminer si l’aggravation de la fatigue ou l’essoufflement sont dus à une insuffisance cardiaque ou non. Le BNP/NT-proBNP est libéré dans le cœur en réponse aux changements de pression à l’intérieur du cœur. Chez les patients souffrant d’insuffisance cardiaque, les taux de BNP et de NT-proBNP sont plus élevés que chez les patients dont la fonction cardiaque est normale.

Le médecin recourt aussi à une analyse des facteurs de risque cardiovasculaire, tels que le diabète, l’athérosclérose (présence de dépôts de graisse sur les parois artérielles), le tabagisme, le surpoids, la présence d’une hypertension artérielle ou de maladies coronariennes.

 

Traitements et hygiène de vie

Parmi les principaux traitements prescrits contre l’insuffisance cardiaque figurent notamment des inhibiteurs, des antagonistes, des bêtabloquants et des diurétiques. Ces derniers favorisent l’excrétion urinaire et soulagent le cœur en limitant le volume d’eau dans l’organisme.

Au-delà du traitement spécifique de l’insuffisance cardiaque, il est crucial de cibler ses causes, par exemple en traitant une maladie coronarienne (y compris l’angine de poitrine, l’hypertension artérielle et la dyslipidémie) ou en opérant une valve cardiaque défaillante. Tout aussi important, l’adoption d’un mode de vie plus sain : arrêt du tabac, modification des habitudes alimentaires (moins de graisses, d’alcool, de sel), limitation des apports liquides pour réduire le risque d’œdème, activité physique modérée.

 

 

Et Servier ?

Les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité dans le monde. Engagé depuis plus de 60 ans dans le traitement de ces pathologies, Servier a acquis un savoir-faire reconnu et se positionne aujourd’hui comme le 3ème groupe mondial en cardiologie5.

En cardio-métabolisme, l’accent est mis sur l’innovation LCM (Life Cycle Management) afin de capitaliser sur les médicaments du Groupe et sur son savoir-faire en termes d’innovation, notamment dans le développement de « Single Pill Combinations « (SPC), des médicaments combinés en un comprimé unique. En simplifiant le traitement, ces SPC favorisent une meilleure observance.

 

 

À retenir

Maladie à risque vital, l’insuffisance cardiaque nécessite un suivi médical régulier, avec consultation du médecin traitant au minimum tous les six mois lorsqu’elle est stabilisée. En outre, il est fortement conseillé de :

  • Pratiquer l’auto-surveillance : se peser au minimum deux fois par semaine, prendre régulièrement sa fréquence cardiaque, observer la présence d’œdème aux chevilles, évaluer son niveau d’essoufflement et de fatigue. Parmi les signes précurseurs d’une décompensation cardiaque, une forte prise de poids en quelques jours (du fait de l’accumulation d’eau), une fatigue et une gêne respiratoire accrues, des palpitations, une perte d’appétit ou de la fièvre.
  • Gestion de vos traitements : il est important que vous preniez vos médicaments contre l’insuffisance cardiaque tels qu’ils vous ont été prescrits afin d’obtenir les meilleurs résultats possibles. Il est probable que l’on vous prescrive plus d’un médicament et, au cours de la journée, il peut y avoir de nombreuses heures de prise à retenir.
  • Adaptation de votre mode de vie : outre la gestion du traitement de l’insuffisance cardiaque, vous devrez peut-être adapter d’autres aspects de votre mode de vie, tels que le régime alimentaire, l’exercice physique, la consommation de tabac et d’alcool. Une adaptation réussie du mode de vie est tout aussi importante que le traitement médical pour gérer l’insuffisance cardiaque.

 

 


Global public health burden of heart failure, Cardiac Failure Review, avril 2017, https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5494150/

1 Communication de Martin R. Cowie (cardiologue à l’Imperial College London) au congrès Heart Failure 2015 https://www.escardio.org/static-file/Escardio/Web/Congresses/Slides/Heart%20failure%202015/1183%20-%20The%20global%20burden%20of%20heart%20failure.%20-%20Martin%20COWIE%20(London,%20United%20Kingdom).pdf

2 Chiffres calculés à partir des World Population Prospects 2019 de l’ONU, https://population.un.org/wpp/

3 Bulletin épidémiologigue hebdomadaire de Santé publique France (ex-InVS), avril 2014, http://beh.santepubliquefrance.fr/beh/2014/9-10/pdf/2014_9-10_3.pdf

4 Chiffres Santé publique France https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/maladies-cardiovasculaires-et-accident-vasculaire-cerebral/insuffisance-cardiaque

5 IQVIA, Analytics Link – MAT Q1-2021