Comprendre le microbiote humain : des microbes indispensables

21/03/2019

Le microbiote humain, c’est l’ensemble des micro-organismes (bactéries, microchampignons, virus) qui vivent dans le corps humain. Il s’agit de centaines de milliards de microbes qui cohabitent en parfaite harmonie avec nos cellules. On le trouve aussi bien dans le nez, la bouche, les oreilles, mais aussi sur la peau ou dans les yeux, ou encore dans les bronches et les poumons.

Mais c’est surtout dans le tube digestif que l’environnement microbiotique est le plus important, principalement dans l’intestin grêle et le côlon. On parle aussi de « flore intestinale ».

2 kg
C’est le poids du microbiote qui se trouve dans le tube digestif : il est plus lourd que le cerveau humain.
X 150
Il y a plus de 3 millions de gènes microbiens dans notre microbiote intestinal, soit 150 fois plus que de gènes dans le génome humain.
1 000
C’est le nombre d’espèces de bactéries qui vivent dans notre microbiote intestinal.

Un écosystème dans le corps humain

Le microbiote intestinal du tube digestif est le plus important, avec cent mille milliards de micro-organismes: c’est 2 à 10 fois plus que la quantité de cellules qui constituent notre corps. Il est indispensable au bon fonctionnement du système immunitaire intestinal. Il puise dans nos aliments (notamment parmi les fibres alimentaires) les ressources nécessaires à la création de son propre métabolisme. Dans le même temps, le microbiote intestinal joue un rôle direct dans la digestion (fermentation, assimilation des nutriments, synthèse des vitamines, …)

Les défaillances de la flore intestinale. Lorsqu’un dysfonctionnement ou un déséquilibre de la flore intestinale est constaté, on appelle cela une « dysbiose ». Plusieurs causes en sont à l’origine : utilisation régulière d’antibiotiques ou d’antiacides, consommation excessive d’alcool, stress, maladies précédentes du tractus gastro-intestinal, régime trop pauvre en fibres ou au contraire trop riche en sucres raffinés ou en aliments transformés. Une dysbiose peut entrainer un certain nombre de maladies intestinales chroniques inflammatoires, en particulier la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique. Autre effet d’une dysbiose : l’apparition potentielle de cancers (cancer colorectal, cancer gastrique, cancer du sein). Enfin, la recherche montre un possible lien entre un déséquilibre de la flore intestinale et l’apparition de certaines maladies neuropsychiatriques (on compte plus de 200 millions de neurones dans le système nerveux lié à l’intestin), parmi lesquelles l’autisme, la schizophrénie, l’anxiété, la dépression, ou les troubles bipolaires.

 

Vers des traitements plus précis et personnalisés

L’importance du microbiote intestinal dans l’organisme a toujours été supposée, mais les technologies ne permettaient pas, jusqu’à présent, d’en analyser le contenu avec précision. La possibilité de reproduire en laboratoire ces bactéries  et la mise au point des techniques de séquençage haut débit du génome humain ont révolutionné la connaissance du microbiote intestinal. Cette technique de pointe a fait évoluer en profondeur les perspectives thérapeutiques, tant dans la recherche de nouvelles innovations médicamenteuses que dans la prise en charge des patients. La connaissance du microbiote va permettre également de diagnostiquer en amont les pathologies, et de proposer une approche thérapeutique plus précise et individualisée pour chaque patient.

Aujourd’hui, davantage de connaissances

Concrètement, on en sait plus aujourd’hui sur la nature des interactions du microbiote avec un corps étranger et sur les interactions des micro-organismes entre eux. Aussi, on sait mesurer l’impact de ces interactions en matière de santé. L’étude du microbiote intestinal est progressivement devenue centrale pour la recherche en santé, mobilisant de plus en plus d’équipes de recherche à travers le monde. A la clé, la découverte de nouveaux mécanismes d’actions qui pourraient soigner, voire guérir les patients.

Des pistes de recherches clarifiées

Désormais, les recherches se concentrent sur l’analyse du microbiote d’un patient, en explorant sa flore intestinale. L’usage des technologies de l’information, par exemple le big data, permet maintenant d’examiner des microbiotes provenant de multiples patients et d’établir des liens entre ces échantillons et  certaines pathologies. Concrètement, l’objectif principal est d’identifier la cause des disfonctionnements observés, de stopper la production microbienne nocive et à l’inverse d’activer le renouvellement de la flore intestinale, en proposant une réponse thérapeutique adaptée : implantation de nouvelles bactéries, transferts fécaux, usage de peptides alimentaires ou bactériens.

Servier mobilisé dans cette recherche de pointe

Servier est mobilisé depuis plusieurs années dans la recherche en matière de microbiote et cherche actuellement à développer de nouveaux partenariats, à l’image de l’alliance contractée avec l’université de Harvard en 2019 qui porte sur certains mécanismes d’actions du microbiote intestinal dans le traitement de la stéatose hépatique non-alcoolique et le diabète de type 2, en vue d’obtenir un candidat médicament à horizon 2022.

 

Sources :

https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/microbiote-intestinal-flore-intestinale

https://www.gutmicrobiotaforhealth.com/fr/microbiote-instestinal/