Comprendre l’angor ou l’angine de poitrine

Décryptage
23/08/2018

L’angine de poitrine ou angor se caractérise par une douleur thoracique qui survient généralement en situation d’effort. Elle est la manifestation symptomatique de l’ischémie myocardique, c’est-à-dire lorsque les cellules cardiaques (cardiomyocytes) n’obtiennent pas suffisamment de sang riche en oxygène.

C’est majoritairement l’athérosclérose qui provoque l’angine de poitrine. c’est-à-dire une réduction du diamètre d’une artère du cœur, suite à l’accumulation de cholestérol dans les parois artérielles. Partiellement bouchée, le débit du sang ne peut plus augmenter pour répondre à la demande du cœur, ce qui provoque une chute du taux d’oxygène amené au cœur.

Si elle concerne environ 2 % de la population dans les pays industrialisés, l’angine de poitrine survient majoritairement après 50 ans et plus fréquemment chez l’homme.

Son développement est favorisé par des facteurs de risque tels que le diabète, la dyslipidémie, le tabagisme, l’hypertension artérielle, l’obésité et l’hérédité.

 

Le cœur a besoin d’énergie

Chaque jour, le cœur bat plus de 100 000 fois et pompe près de 9 000 litres de sang pour alimenter nos organes en oxygène et nutriments. C’est grâce à cette pompe naturelle que nous pouvons assurer l’ensemble de nos activités quotidiennes tel que marcher, courir, penser, etc.

Pour fonctionner en continu 24h/24h et 7j/7j, le cœur doit constamment produire sa propre énergie. Cette énergie est l’ATP ou adénosine triphosphate ; c’est une molécule énergétique présente dans les cellules et qui va permettre à celles-ci de fonctionner. Pour produire de l’ATP en continu, le sang apporte aux cellules des sucres et des lipides issus de l’alimentation. Ceux-ci sont alors « brûlés » grâce à de l’oxygène provenant de la respiration, comme une bûche brûle dans une cheminée en consommant l’oxygène ambiant pour produire de la chaleur. C’est ainsi grâce à l’ATP que les cardiomyocytes vont se contracter et permettre au cœur de battre.

Dans des conditions normales, c’est-à-dire quand un individu est en bonne santé, le cœur reçoit suffisamment d’oxygène pour produire l’énergie nécessaire et adaptée à l’effort réalisé. Par exemple, en situation de repos, l’énergie à fournir en ATP doit être plus faible qu’en situation d’effort où les muscles vont en consommer davantage.

Ainsi, lors d’un effort physique, le corps a besoin de plus d’oxygène pour produire plus d’ATP ; c’est pour cela que la fréquence respiratoire augmente. L’organisme est donc capable de réguler sa consommation et sa production d’ATP en fonction des besoins.

 

La crise d’énergie ou ischémie myocardique

Cardiomyocytes

Dans certaines pathologies qui réduisent le flux sanguin, l’oxygène n’arrive pas en quantité suffisante dans le cœur. Ce dernier ne peut par conséquent plus produire suffisamment d’ATP, pour exercer son activité de pompe ; et cette carence en ATP est d’autant plus visible en cas d’effort physique au cours desquels ses besoins augmentent. Il se crée alors un déséquilibre entre les apports et les besoins en énergie au niveau du cœur : c’est l’ischémie myocardique.

La conséquence d’une ischémie myocardique est l’apparition d’une douleur dans la poitrine, l’angor, que l’on appelle aussi angine de poitrine. Non traité, ce mauvais fonctionnement du cœur peut à la longue entraîner la mort d’une partie de celui-ci.

Comprendre les mécanismes à l’origine de l’angine de poitrine

Prévention et traitement de l’angine de poitrine

Quelles que soient les causes de cette crise d’énergie, les personnes qui souffrent d’angine de poitrine doivent avant tout veiller à respecter certaines règles de vie. Le patient doit, dans la mesure du possible, arrêter de fumer, manger équilibré, surveiller son poids et faire de l’exercice.

La stratégie thérapeutique va, quant à elle, consister à rétablir cet équilibre entre apports et besoins en énergie, pour que le cœur puisse constamment assurer ses fonctions de contraction au repos, mais aussi lors d’un effort.

Une dizaine de médicaments sont actuellement prescrits pour traiter l’angor. Les plus utilisés ralentissent les battements du cœur afin de diminuer sa demande en énergie, permettant à la fois de soulager les patients et de protéger le cœur dans un environnement réduit en oxygène. Ils sont souvent associés à d’autres médicaments pour un effet synergique. Parmi les médicaments associés, certains augmentent directement la production d’ATP, et donc l’énergie du cœur. D’autres sont des vasodilatateurs et augmentent la taille des vaisseaux sanguins qui alimentent le cœur.

 

Une association appropriée de ces médicaments permet de soulager les patients et d’améliorer leur vie quotidienne. Elle permet par exemple aux patients de reprendre une activité physique partielle sans qu’elle provoque de douleur thoracique, ou plus simplement de leur éviter des essoufflements après un bref effort, comme monter les marches d’un escalier.

Dans certains cas, notamment lorsque les vaisseaux qui alimentent le cœur sont trop obstrués (lors de dyslipidémie par exemple) le recours à un traitement chirurgical peut être nécessaire, principalement pour déboucher les vaisseaux et permettre au sang d’alimenter normalement le cœur.