Autisme : quand le cerveau fait obstacle

02/04/2020

Décrit pour la première fois en 1943 par le pédopsychiatre autrichien Léo Kanner, l’autisme demeure un mystère à bien des égards. Trouble du développement cérébral, il ne dispose toujours pas de remède : un enfant autiste sera un adulte autiste. Si les recherches se poursuivent, l’accompagnement psychosocial permet d’alléger le fardeau des jeunes patients, pour les rendre progressivement plus autonomes.

Apparaissant dès la plus jeune enfance avec de premiers signes évocateurs pouvant apparaître dès l’âge de 6 mois, les différentes formes d’autisme sont regroupées dans une catégorie plus large, celle du trouble du spectre autistique (TSA), qui reflète mieux la grande diversité des situations. Parmi les symptômes majeurs, une altération des relations sociales et de la communication (langage et communication non verbale, des comportements et des discours répétitifs ou stéréotypés). Paraissant murées en elles-mêmes ou submergées sur le plan sensoriel, ces personnes sont en situation de handicap social.

L’autisme est parfois associé, mais pas systématiquement, à des troubles du sommeil, des troubles dépressifs ou anxieux, des difficultés d’apprentissage, des troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), ou à l’épilepsie.

Le niveau intellectuel des personnes souffrant de TSA est très variable, allant de profondes déficiences à des capacités supérieures. Par exemple chez les personnes atteintes du syndrome d’Asperger, dont certaines sont devenues célèbres pour leur talent, scientifique ou artistique : le pianiste Glenn Gould, le champion du monde d’échecs Bobby Fischer, le physicien Paul Dirac auraient été touchés.

1 enfant sur 160
1 enfant sur 160 présente un TSA, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Il ne s’agit que d’une estimation très imprécise, de nombreux pays à revenu faible ou intermédiaire ne disposant pas de chiffres à ce sujet.1
1 enfant sur 59
1 enfant sur 59 : c’est la fréquence du TSA estimée aux États-Unis en 2014. En 2002, elle n’était que de 1 enfant sur 150.2 Cette hausse, observée dans d’autres pays, pourrait être due à une réelle augmentation, mais aussi à une plus grande sensibilisation au problème de l’autisme, à l’élargissement de critères de diagnostic ou au perfectionnement des outils diagnostiques.
3 garçons pour 1 fille
L’autisme semble plus présent chez les garçons, mais il est possible qu’il soit moins bien identifié chez les filles.3

EN FRANCE

-700 000, c’est le nombre de personnes4concernées par le TSA (Trouble du Spectre Autistique).

-100 000 ont moins de 20 ans4.

-60 % des enfants ne sont pas scolarisés dans un établissement ordinaire5.

Des causes génétiques et environnementales

Le trouble du spectre autistique est dû à des anomalies très précoces du développement cérébral, survenant dès le stade prénatal. L’imagerie médicale a en effet montré des défauts d’organisation de réseaux neuronaux spécialisés dans la communication sociale et le comportement.

Si l’autisme est un trouble multifactoriel parmi lesquels une origine génétique est envisagée, le fait d’être un garçon et la présence d’antécédents familiaux constituent ainsi des facteurs de risque reconnus. Les parents dont un premier enfant est atteint d’autisme ont jusqu’à 18 % de risques que le deuxième soit touché6.

Certains symptômes associés à l’autisme peuvent par ailleurs être observés chez les enfants présentant des anomalies chromosomiques, dont le syndrome de Down (trisomie 21) ou le syndrome de l’X fragile, une maladie génétique rare qui constitue la forme la plus fréquente de déficience intellectuelle héréditaire (un homme sur 4 000, une femme sur 8 000).

D’autres facteurs, d’origine environnementale, pourraient aussi être impliqués : naissance prématurée, exposition fœtale à une infection maternelle, à certaines substances chimiques (dont des perturbateurs endocriniens, qui altèrent le fonctionnement hormonal), à certains anti-épileptiques prescrits à la mère au cours de la grossesse.

Une prise en charge psychosociale

Celle-ci repose avant tout sur une thérapie comportementale et des programmes de formation des parents. Elle s’effectue de manière individualisée, adaptée en fonction de l’évolution de l’enfant, puis de l’adolescent et de l’adulte. En grande partie basée sur le jeu, elle vise à développer le langage, les capacités cognitives, le comportement, le contrôle des émotions. Objectif : rendre l’enfant aussi autonome que possible.

Ces méthodes se basent sur des exercices et des petits gestes qui ont pour vocation de structurer l’environnement, l’organisation, la temporalité, l’espace de l’enfant. Elles lui permettent d’acquérir de nouvelles compétences.

Des pistes de recherche médicamenteuse

Il n’existe à ce jour pas de traitement médicamenteux permettant de guérir, ni même d’alléger l’autisme. Certains médicaments sont prescrits pour traiter des troubles associés. La recherche se poursuit : la piste de traitements qui agiraient en abaissant la concentration de chlore dans les cellules du cerveau, s’avère prometteuse pour diminuer les symptômes.

ET SERVIER ?

Servier est présent dans le domaine neuropsychiatrique depuis plusieurs décennies. Ses équipes de recherche et de développement travaillent à la fois sur des désordres neurodégénératifs, en ciblant les protéines toxiques responsables de la dégénérescence neuronale et à la fois sur des troubles neurodéveloppementaux telle que l’autisme, pour y apporter des solutions thérapeutiques innovantes.

Servier contribue au développement d’une thérapie adaptée aux enfants et adolescents présentant des troubles du spectre autistique pouvant s’intégrer dans la prise en charge multidisciplinaire de ces troubles. Elle vise à améliorer les interactions sociales et la communication de ces personnes ainsi que leurs comportements restrictifs et répétitifs.

À retenir

  1. PRISE EN CHARGE PRÉCOCE

    Plus la prise en charge est précoce, meilleurs seront les résultats. S’il existe des signaux d’alerte peuvent être observés dès l’âge de 6 mois, le diagnostic clinique peut être posé à partir de 18 mois
  2. ATTENTION AUX INFOX

    L’autisme est un syndrome encore mal compris. Ce trouble n’a rien à voir avec le caractère des parents, ni avec leur éducation. Ni les écrans, ni le vaccin rougeole-oreillons-rubéole ne sont responsables de l’autisme. Cette cause persistante de la méfiance anti-vaccinale repose sur une étude erronée. Tout lien a été définitivement écarté.
  3. ASSOCIATIONS

    N’hésitez pas à contacter des associations, qui peuvent apporter information et aide aux patients, enfants ou adultes, ainsi qu’à leurs parents.