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La crise sanitaire a encore renforcé notre engagement en faveur du progrès thérapeutique.

OLIVIER LAUREAU

Président de Servier


Que retenez-vous de cette année marquée par une crise sanitaire sans précédent ?

Olivier Laureau – Ma première pensée va aux personnes atteintes par la Covid-19 et à leurs familles. Je pense aussi aux patients touchés, plus indirectement mais non moins brutalement, par d’autres maladies, qui ont attendu pour se faire soigner ou dépister. Devant la gravité de la crise sanitaire, Servier s’est mobilisé afin de répondre aux besoins des patients et des professionnels de santé sans interruption et garantir l’approvisionnement de l’ensemble des médicaments du Groupe, partout où il est présent. En parallèle, nous avons soutenu plusieurs dizaines d’initiatives solidaires dans 37 pays pour aider patients et soignants au fur et à mesure de la progression de la pandémie. Face à cette situation exceptionnelle, nos équipes ont fait preuve d’un engagement sans faille dans la poursuite de leur mission. Je leur renouvelle, pour cela, toute mon admiration.

Quels premiers enseignements en retirez-vous ?

O. L. – En interne, cette crise nous a conduits à transformer nos modes de travail, depuis nos espaces de travail jusqu’à nos pratiques managériales en passant par la manière dont nous collaborons. Elle a accéléré les réflexions engagées chez Servier en matière de télétravail, notamment dans le respect de l’équilibre vie privée / vie professionnelle. Cette crise nous a également démontré à quel point le digital et l’exploitation de données robustes permettent d’accélérer la recherche et le développement de nouveaux traitements et, in fine, d’améliorer leur efficacité. Dès à présent, nous devons également nous poser les bonnes questions. Comment anticiper une éventuelle future crise ? Quels moyens allouer et quelles priorités fixer au secteur de la santé en général et à l’industrie pharmaceutique en particulier ? La pandémie a notamment mis en lumière la forte dépendance sanitaire de l’Europe vis-à-vis du reste du monde, et en particulier de l’Asie.

Comment Servier, en tant qu’entreprise française, participe-t-il à la construction d’une Europe sanitaire souveraine ?

O. L. – Nous avons toujours fait le choix exigeant de maintenir l’essentiel de notre R&D et de fortes capacités de production en France et en Europe, à l’image des sites d’Arklow en Irlande et d’Oril Industrie en France qui ont respectivement fêté leurs 30 ans et leurs 60 ans en 2020. Notre site industriel chimique en Normandie contribue activement à l’indépendance sanitaire européenne : 98 % des principes actifs de nos médicaments princeps y sont produits et nous nous apprêtons à réaliser un investissement majeur pour développer encore plus ses capacités. L’unité de biomédicaments qui sera mise en service en 2023 sur notre site historique dans le Loiret, en France, illustre aussi notre volonté de poursuivre notre implantation industrielle en Europe. En choisissant de créer de la valeur en France, Servier participe à hauteur de 36 % à l’excédent de la balance commerciale française du secteur.

Enfin, notre nouvel Institut de Recherche et Développement Servier, en cours de construction au cœur du cluster d’innovation scientifique et technologique de Paris-Saclay, témoigne de notre détermination à participer au rayonnement de la recherche française dans le monde.

Au-delà de la crise sanitaire, quels sont, selon vous, les principaux faits marquants de l’année ?

O. L. – Dans le domaine de l’oncologie, nous avons fait l’acquisition de Symphogen, une société danoise de biotechnologie reconnue pour son expertise de pointe dans la découverte d’anticorps monoclonaux. Au Japon, où nous sommes présents depuis 40 ans à travers des partenariats de licence et le suivi de nos études cliniques, la mise sur le marché de notre premier médicament en nom propre, un traitement contre le cancer du pancréas, ouvre la voie à des développements futurs pour Servier dans le deuxième marché mondial en oncologie. Nous avons également lancé des études cliniques de phase III dans plusieurs pays pour de nouvelles indications du Lonsurf®. Si leurs résultats sont positifs, cela apportera un progrès pour le traitement des cancers colorectaux. Alors que nous bouclons cet entretien, nous venons d’annoncer la signature d’un accord pour l’acquisition de la branche oncologie d’Agios Pharmaceuticals aux États-Unis. Une nouvelle étape clé dans notre feuille de route en oncologie puisque cette acquisition nous permettra de développer notre portefeuille de médicaments et notre pipeline en oncologie tout en consolidant notre présence aux États-Unis.

Ces avancées contribuent à notre ambition de devenir un acteur reconnu et innovant en oncologie afin de traiter toujours plus de patients atteints de cancers. Nous sommes, en outre, fiers d’être reconnu comme un partenaire de choix dans ce domaine par les associations de patients, comme en témoigne la dixième place obtenue par Servier dans le classement issu de l’enquête PatientView Report 2019. Nous avons également rencontré de très beaux succès en cardiométabolisme, domaine dans lequel le Groupe a bâti son succès et sa réputation. Ainsi, l’une de nos associations fixes de médicaments, qui, en associant trois molécules dans un seul comprimé, facilite le quotidien des patients atteints d’hypertension, est devenue cette année la triple combinaison fixe la plus prescrite dans les territoires où elle est commercialisée.

Nous avons par ailleurs lancé notre médicament phare contre l’insuffisance veineuse en Chine et nous avons toujours de belles perspectives de développement pour ce médicament.

Enfin, je retiens la validation de notre stratégie de réduction de notre empreinte carbone de 25 % d’ici à 2030 par le Science-Based Targets Initiative (SBTi). Notre responsabilité sociétale s’exprime aussi à travers nos engagements pour participer, à notre échelle, à la lutte contre le réchauffement climatique.

Quels sont les grands défis auxquels Servier est confronté aujourd’hui ? Comment le Groupe y répond-il ?

O. L. – Servier a toujours concentré ses efforts sur la recherche et le développement de médicaments innovants pour répondre aux besoins des patients dans les aires thérapeutiques où il est présent. La singularité de notre modèle de gouvernance, qui garantit notre indépendance, nous permet de consacrer des moyens significatifs à la recherche et au développement avec une vision sur le long terme.

Toutefois, nous évoluons dans un contexte de marché toujours plus concurrentiel, qu’il s’agisse des médicaments princeps ou des génériques. En particulier, les conditions d’accès et de maintien sur le marché permettent de moins en moins, dans certains pays, d’intégrer le coût de l’innovation, qu’elle soit incrémentale ou de rupture, dans le prix des médicaments. En parallèle, les besoins thérapeutiques évoluent. Si les maladies chroniques comme les maladies cardiovasculaires ou le diabète restent des fléaux contre lesquels nous n’avons pas encore remporté la bataille, les besoins thérapeutiques pour vaincre le cancer sont devenus dans le même temps primordiaux.

Dans ce contexte, nous avons décidé de faire évoluer notre stratégie. Nous nous sommes fixé des objectifs ambitieux pour 2025 afin d’améliorer nos performances actuelles et de financer notre développement futur. Pour cela, nous amplifions la dynamique de transformation globale du Groupe au profit d’une performance économique, sociale et thérapeutique. Il s’agit de mener à bien la transformation de notre R&D pour la rendre encore plus centrée sur le patient grâce à la médecine translationnelle, plus efficiente grâce au digital, et plus focalisée en se concentrant sur trois aires thérapeutiques : l’oncologie, le cardio-métabolisme et les maladies immuno-inflammatoires et neuro-dégénératives. À tous les niveaux du Groupe, des programmes de transformation – Ressources Humaines, Industrie, Opérations, etc. – concourent à garantir notre développement, notre pérennité et notre indépendance. Pour accompagner toutes ces transformations, le digital sera clé et nous comptons beaucoup pour cela sur notre récente Direction Digital, Data et Systèmes d’Information.

Enfin, parce que nous sommes profondément convaincus que l’engagement des collaborateurs est le moteur de notre performance, nous nous sommes fixé des objectifs mesurables en ce sens. Pour les atteindre, nous nous attachons en permanence à donner du sens aux actions de chacun au quotidien. Dans un contexte de concurrence accrue, c’est la passion de notre métier qui fait avancer l’innovation.

Quel regard portez-vous sur le secteur pharmaceutique à l’échelle mondiale ?

O. L. – La pandémie nous a rappelé combien les efforts de recherche et de développement de solutions thérapeutiques innovantes sont essentiels pour soigner et sauver des vies. Alors que la Covid-19 continue de se propager dans le monde, nous devons collectivement nous donner les moyens d’être innovants. Cela requiert d’intensifier, plus que jamais, les collaborations scientifiques, y compris au travers de partenariats publics-privés, de favoriser la gestion des projets en mode agile et de faire valoir la création de valeur qu’apporte notre industrie à la société.

Servier s’inscrit résolument dans cette dynamique d’innovation ouverte dont les patients sont, grâce à notre structure gouvernée par une Fondation, les bénéficiaires ultimes.